Limiteurs de vitesse

Cet article provient de l’archive de janvier 2006. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Le Conseil canadien de la sécurité appuie la proposition d’obliger l’activation de dispositifs limitant la vitesse maximale des camions à 105 km/h.

Le limiteur de vitesse, parfois nommé gouverneur, est une micropuce intégrée permettant de préétablir la vitesse maximale des moteurs de camion. Les camions construits durant la dernière décennie sont dotés de cette technologie. Néanmoins, la réglementation assurerait la conduite des camions à une vitesse sécuritaire. Elle réduirait les collisions autoroutières causées par le talonnage et les changements de voie abusifs.

Cette mesure comporte également de grands avantages environnementaux. Elle permettra de conserver le carburant et aidera le Canada à respecter ses engagements pris en vertu de l’Accord de Kyoto.

L’Ontario ouvre la marche

En novembre 2005, l’Ontario Trucking Association demandait au gouvernement provincial d’obliger les camionneurs roulant à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ontario d’activer leur limiteur et d’établir la vitesse maximale de leur camion à 105 km/h.

Voici les avantages environnementaux, sécuritaires et économiques conférés par l’activation des limiteurs à une vitesse maximale de 105 km/h :

  • Économies maximales de 10 500 litres d’essence diesel par année pour un tracteur semi-remorque standard. Au prix actuel de l’essence diesel, ces économies annuelles totaliseraient environ 8 400 dollars par camion.*
  • Réduction annuelle de 140 kilotonnes d’émissions de gaz à effet de serre*.
  • Réduction des collisions entre voitures et camions.
  • Diminution du talonnage et des changements de voie abusifs par les camions.
  • Maintien d’une « marge » permettant aux camions de dépasser les véhicules roulant plus lentement.
  • Réduction du stress d’accélération imposé aux camionneurs lors des livraisons.
  • Abrasion réduite des pneus et des freins.

Pourquoi limiter la vitesse à 105 km/h ?

Puisque l’Ontario limite la vitesse à 100 km/h sur ses routes principales, la proposition consiste à restreindre la vitesse maximale des limiteurs à 105 km/h. La vitesse de croisière des camions atteindrait généralement 100 km/h. Toutefois, on prévoirait une marge maximale d’accélération de 5 km/h, pour permettre aux camions de dépasser les véhicules roulant plus lentement, en prenant les mesures de sécurité nécessaires. (On éviterait les « courses d’éléphants », lorsque les camions roulent trop longtemps côte à côte.)

L’OTA a tenté d’établir un équilibre entre vitesse autoroutière efficace et limite responsable pour les camions. Comme l’industrie du camionnage implique la traversée des frontières, il faut se rappeler que la limite de nombreux territoires excède 100 km/h. Grâce à cette proposition, les camions de l’Ontario pourront concurrencer les territoires dont la limite de vitesse est plus élevée. Plusieurs études sur la vitesse maximale ont précédé le choix du 105 km/h. Camionneurs, propriétaires de parcs, spécialistes en sécurité routière et en exécution de la loi, fabricants de moteurs et de camions, et secteur de l’assurance ont participé à ces consultations générales.

Un frein à la vitesse excessive

La vitesse excessive réduit la capacité de prendre les courbes et d’éviter les objets routiers en toute sécurité. Elle prolonge la distance nécessaire à l’arrêt d’un véhicule et sa distance parcourue avant que le conducteur réagisse à une situation dangereuse.

La vitesse influence la gravité des collisions et augmente l’incidence des morts accidentelles impliquant de gros camions. L’accélération augmente exponentiellement la probabilité et la gravité de blessures lors d’une collision. Les risques de décéder dans un véhicule roulant à 120 km/h sont quatre fois plus élevés que dans un véhicule roulant à 100 km/h.

Les camionneurs sont moins susceptibles de rouler à une vitesse excessive que les autres conducteurs. Sur les routes canadiennes, les véhicules de promenade (véhicules légers, voitures sport, camions et VUS) peuvent atteindre des vitesses très élevées. D’ailleurs, les policiers pincent régulièrement des conducteurs irresponsables qui doublent la limite de vitesse indiquée.

Au Canada, la vitesse excessive cause 17 % des accidents mortels. Les jeunes conducteurs, particulièrement les jeunes hommes, risquent davantage d’être impliqués dans des collisions liées à la vitesse. En vertu du programme Vision sécurité routière 2010, un groupe de travail étudie des moyens de prévenir les décès et blessures causés par la vitesse.

Du côté ingénierie, l’application électronique de la loi (radar photo) dissuade efficacement la vitesse excessive. Serait-il possible d’installer des limiteurs de vitesse dans les voitures, pour suivre l’exemple de l’industrie du camionnage ?

Transports Canada réalise l’essai pilote de dispositifs qui pourraient dissuader les conducteurs de briser les limites de vitesse. L’un d’eux repose sur la technologie GPS et une carte géonumérique des limites de vitesse. Lorsqu’un conducteur dépasse la limite indiquée, le dispositif l’empêche d’appuyer sur l’accélérateur. Un autre dispositif GPS est intégré au tableau de bord. Son alarme vocale et son voyant lumineux avertissent le conducteur en cas d’accélération excessive.