Les caméras aux feux rouges

Cet article provient de l’archive d’e janvier 2003. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Brûler un feu rouge constitue l'un des comportements agressifs les plus dangereux que peut adopter un conducteur. Selon une enquête récemment publiée, 70 pour cent des conducteurs de 40 ans et moins et 80 pour cent des conducteurs de 60 ans et plus considèrent que brûler un feu rouge est un problème grave ou extrêmement grave.

Cette enquête laisse supposer que lorsqu'ils évaluent la gravité du problème, les conducteurs évaluent les risques d'accident. Ils ne voient pas autant de conducteurs brûler un feu rouge que de conducteurs qui adoptent d'autres comportements agressifs, tel que l'excès de vitesse ou le dépassement imprudent. Ils croient toutefois que les éventuelles conséquences sont plus graves. Plus de 60 pour cent des répondants étaient d'accord ou entièrement d'accord avec l'usage de caméras aux feux rouges pour appréhender les conducteurs qui brûlent un feu rouge.

Des faits qui parlent d'eux-mêmes

Des études ont démontré que les caméras aux feux rouges réduisent le nombre d'accidents aux intersections. On estime toutefois que leur incidence varie de beaucoup, soit de 7 à 46 pour cent. L'Insurance Institute for Highway Safety aux États-Unis attribue cet écart aux problèmes méthodologiques. Il est par exemple ressorti d'une étude sur les caméras aux feux rouges mené à Oxnard, en Californie, que ce dispositif avait permis de réduire de 7 pour cent le nombre d'accidents et de 29 pour cent le nombre d'accidents occasionnant des blessures aux intersections qui en étaient dotées. On ne peut toutefois pas attribuer tous les accidents survenant à une intersection aux conducteurs qui brûlent un feu rouge. Lorsqu'on analysa à nouveau les données en tenant compte seulement des accidents dus aux conducteurs qui avaient brûlé un feu rouge, les résultats démontraient que ce dispositif était encore plus avantageux. On enregistrait par exemple 20 pour cent moins d'accidents et 46 pour cent moins d'accidents occasionnant des blessures.

Après avoir examiné la méthodologie des études antérieures, l'Institut a établi que les caméras aux feux rouges permettent de réduire d'environ 25 à 30 pour cent le nombre d'accidents occasionnant des blessures.

La psychologie : la clé du succès

Pour empêcher les automobilistes de brûler les feux rouges, des panneaux doivent être installés à toutes les intersections dotées de caméras. En l'absence de ces panneaux, les caméras aux feux rouges ne sont qu'une vache à lait.

La perception d'appréhension est reconnue comme un moyen de dissuasion. Si les gens savent qu'ils se feront pincer, ils auront moins tendance à commettre des infractions. L'objectif consiste donc à prévenir les infractions — idéalement, à ne remettre aucune contravention. Si le nombre d'infractions est élevé, c'est que le programme ne porte pas fruit.

L'Australie utilise des caméras aux feux rouges depuis plus de vingt ans. Par exemple, à Melbourne, 35 caméras aux feux rouges sont activés à tour de rôle à 132 intersections, dont chacune est dotée d'un panneau d'avertissement. Aucun automobiliste ne prendra de risque, de peur de se faire coller une contravention à une de ces 132 intersections.

Six municipalités ontariennes, qui ont mis ces caméras à l'essai depuis 2000, comptent poursuivre leur projet pilote jusqu'en 2004. Le Conseil canadien de la sécurité continue à affirmer que le succès des projets de caméras aux feux rouges sera compromis parce que les caméras ne sont pas accompagnées de panneaux d'avertissement.