La démence au volant, un problème grandissant

Cet article provient de l’archive d’octobre 2004. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date. 

Selon une étude chapeautée par le Dr Robert Hopkins, parue dans le numéro de juillet 2004 de La Revue canadienne de psychiatrie, quelque 34 000 conducteurs en Ontario souffrent de démence. Compte tenu du nombre grandissant de conducteurs âgés, on prévoit que ce nombre passera à près de 100 000 d’ici 2028.

Si les conducteurs se trouvant aux premiers stades de démence ne posent pas de dangers, ils représentent de plus en plus de risques pour eux-mêmes et pour les autres, au fur et à mesure que leur état s’aggrave. Les conducteurs atteints de démence courent entre deux et cinq fois plus de risques d’être impliqués dans une collision par rapport aux conducteurs qui ne sont pas atteints de cette maladie. Les collisions aux intersections sont très courantes chez ces personnes.

On ne dispose d’aucune donnée pouvant expliquer comment la démence se compare aux problèmes tels que : la détérioration de la vue ; des incapacités gênant des mouvements, telles que l’arthrite et le rhumatisme ; de même que les médicaments qui peuvent réduire la capacité de conduire de différentes des façons. 

Les aînés qui sont conscients des changements associés au vieillissement et qui apprennent à les compenser peuvent continuer à conduire longtemps et prudemment. Les signes précurseurs de démence sont malheureusement plus difficiles à reconnaître que la plupart des autres changements dus au vieillissement, parce que la démence touche la mémoire, la concentration et le jugement, soit des capacités qui permettent aux personnes de composer avec leurs limites.

Des procédures sont actuellement en voie d’élaboration. En novembre 2003, un groupe de chercheurs à l’Université d’Ottawa, comprenant d’éminents gériatres de la Faculté de médecine, a annoncé le lancement d’une étude quinquennale nationale décentralisée ayant pour titre CanDRIVE à laquelle de 3 000 à 5 000 conducteurs âgés de plus de 70 ans vont participer.

Cette étude permettra de mettre au point une méthode pour aider les médecins à dépister les conducteurs âgés dont les limites aux plans médical et fonctionnel les rendent inaptes à conduire. L’équipe de recherche du Dr Hopkins a également fait savoir que de telles procédures devraient être ajoutées aux examens relatifs à la vue et aux panneaux routiers du ministère des Transports. Dans sept provinces canadiennes, les médecins sont tenus de signaler tout conducteur inapte à conduire au plan médical à leur ministère des transports.

Pendant ce temps, les membres de la famille doivent trouver ou offrir les moyens de transport dont ont besoin les membres de leur famille âgés qui ne peuvent plus conduire.

Dans les villes, les taxis et le transport en commun restent des moyens de transport économiques (et moins chers qu’une voiture). Même si la plupart des régions urbaines offrent ces services, ils ne sont pas faciles d’accès. Dans les régions rurales, les personnes âgées ont peu d’options en matière de moyens de transport. Elles demandent donc souvent à des amis ou à des membres de la famille de les conduire.

Peu importe l’âge, avoir un permis de conduire est synonyme d’autonomie. Le gouvernement peut, par souci de sécurité, révoquer le permis de conduire des personnes souffrant d’une invalidité telle que la démence. Et, étant donné que de plus en plus de personnes perdront leur permis de conduire, les gouvernements devraient être disposés à fournir des services qui permettront à ces personnes de conserver un certain niveau d’autonomie.

Driving and Dementia in Ontario: A Quantitative Assessment of the Problem. R. W. Hopkins et  La Revue canadienne de psychiatrie, vol 49, n° 7, juillet 2004.