L'alcool et la motoneige : un mélange mortel

Cet article provient de l’archive de janvier 2002. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Durant la période allant de 1987 à 1998, les accidents de motoneige ont fait 1046 morts au Canada. Une étude révéla que les motoneigistes comptaient pour plus de 80 pour cent de ces décès. (À titre comparatif, les automobilistes représentent un peu moins de la moitié des décès sur la route.)

Selon les données, le motoneigiste a un profil à haut risque distinct : il est de sexe masculin, a entre 25 et 35 ans et circule au volant d'une motoneige après avoir consommé de l'alcool en soirée ou en fin de semaine.

  • Les motoneigistes âgés de 26 à 35 ans qui avaient succombé à leurs blessures couraient environ sept fois plus de risque d'avoir de l'alcool dans leur sang que ceux ayant plus de 55 ans.
  • Les accidents mortels survenant le soir avaient 6,7 fois plus de chances de mettre en cause un motoneigiste sous l'emprise de l'alcool que les accidents survenant le jour.
  • Les collisions survenant la fin de semaine (du vendredi soir jusqu'au dimanche) étaient presque deux fois plus susceptibles de mettre en cause l'alcool que celles survenant en semaine.
  • Environ 70 pour cent des motoneigistes mortellement blessés avaient consommé de l'alcool (comparativement à 46 pour cent des automobilistes). Plus de la moitié de ces motoneigistes avaient un taux d'alcoolémie supérieur à 150 mg/dl.

Une récente étude ontarienne portant sur les blessures dues aux sports/loisirs subies en 1999-2000 mit en relief la gravité du problème. Près de la moitié des hospitalisations furent attribuables à des véhicules à moteur, dont le plus grand nombre (le tiers) étaient des motoneiges. Les blessures occasionnées par une motoneige étaient plus graves et nécessitaient une plus longue période d'hospitalisation que les autres blessures dues aux loisirs. Soixante-cinq pour cent des personnes hospitalisées pour blessures graves en motoneige avaient de l'alcool dans leur sang.

Ces données démontrent clairement que la conduite avec facultés affaiblies ne se limite pas aux routes. En vertu du Code criminel du Canada, quiconque conduit un véhicule automobile pour la neige avec un TA supérieur à 80 mg/dl commet une infraction pénale. Les sanctions pour ce type d'infraction sont les mêmes que celles pour la conduite d'une automobile en état d'ébriété.

La mise en application de la loi aux véhicules hors-route n'étant pas une mince affaire, il faut envisager le recours à des contremesures en matière d'alcool au volant qui ont fait leurs preuves. On pourrait aussi adopter de nouvelles approches afin de prévenir l'alcool au volant des motoneiges et d'appréhender les contrevenants.

Un autre problème est que les motoneigistes ont tendance à mélanger alcool et plaisir. Grâce à la sensibilisation du public, l'alcool au volant est vu de plus en plus d'un mauvais oeil. Il faut amener les motoneigistes à adopter la même attitude.