LE CASQUE PROTECTEUR : les attitudes et les habitudes

Cet article provient de l’archive de juillet 2002. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Selon des statistiques de Transports Canada, 60 cyclistes ont perdu la vie en 2001. De ce nombre, 88 pour cent ne portaient pas leur casque. Ce pourcentage passe à 100 pour cent chez les moins de 15 ans.

Quoique le nombre de décès ait reculé par rapport aux 106 décès enregistrés en 1990, il a connu une hausse marquée comparativement aux 40 décès répertoriés en 2000. L'une des raisons pour lesquelles moins de cyclistes meurent des suites d'un accident de vélo est qu'ils se font de plus en plus nombreux à porter leur casque. Des études menées à la fin des années 1980 démontrèrent à ce sujet que le taux du port du casque chez les enfants n'était que de 2 pour cent. À titre comparatif, lors d'un sondage réalisé en 2002 par le Conseil canadien de la sécurité, quatre parents sur cinq ont affirmé que leurs enfants portaient un casque à vélo. Plusieurs provinces disposent maintenant d'une loi rendant le port du casque obligatoire.

Selon le département américain des transports, 90 pour cent des cyclistes ayant perdu la vie en 2000 ne portaient pas de casque. Aux États-Unis, les traumatismes crâniens liés au cyclisme comptent pour plus de 60 pour cent des décès chez les cyclistes, pour deux tiers des hospitalisations et pour le tiers des visites à l'urgence.

Il est ressorti de statistiques colligées entre 2000-2002 par le Registre ontarien des traumatismes qu'en l'espace de cinq ans, le nombre de traumatismes crâniens attribuables aux accidents de vélo avait reculé de 26 pour cent chez les enfants ontariens. Les experts en sécurité attribuent cette baisse importante à la loi sur le port obligatoire du casque de vélo en Ontario, loi qui s'applique aux cyclistes de moins de 18 ans.

Les blessures les plus courantes chez les cyclistes sont les fractures, les luxations et d'autres blessures qui ne mettent pas la vie en danger. Les traumatismes crâniens demeurent d'ordinaire les blessures les plus dangereuses. Même un traumatisme crânien mineur peut avoir de graves conséquences à long terme.

Le Conseil canadien de la sécurité et la compagnie d'assurance Liberty Mutual sommèrent la firme Ipsos-Reid de mener un sondage national en vue de prendre le pouls de la population sur le port du casque lors de la pratique de certains sports à « roulettes » ou à « roues alignées ». Même si le cyclisme compte le plus grand nombre d'adeptes, le patin à roues alignées est également fort populaire et la trottinette est plus qu'une mode passagère. On a également interrogé les Canadiens sur leurs attitudes et leurs habitudes relatives au port du casque, et sur ce qu'ils pensent des mesures à prendre pour accroître le taux de port de celui-ci.

Donnez le bon exemple

La plupart des personnes qui ne portent jamais de casque protecteur sont de sexe masculin, ont moins de 34 ans, vivent dans un milieu rural, ont un faible taux de scolarité et un revenu modeste. Les enfants de ces répondants ne portent pas le casque. En effet, les trois quarts de ces répondants affirment que leurs enfants ne portent jamais le casque en vélo, et les deux tiers déclarent que leurs enfants ne portent pas de casque lorsqu'ils font du patinage à roues alignées, de la planche à roulettes ou de la trottinette.

Le sondage montre que les parents qui portent le casque protecteur demandent à leurs enfants d'en faire autant. Ces parents peuvent aussi s'assurer que le casque est de la bonne grandeur et est correctement porté. Celui-ci doit être bien ajusté, sans être toutefois trop serré. L'enfant devrait le porter sur le dessus de la tête et non pas incliné vers l'arrière. Les courroies devraient retenir le casque bien en place.

Des excuses, des excuses...

La principale raison évoquée par les Canadiennes pour ne pas porter le casque est « l'apparence » (17 pour cent, contre 11 pour cent chez les hommes). Quatorze pour cent des hommes pensent que le casque est inconfortable (9 pour cent chez les femmes). Pour les habitants de régions rurales, la principale raison pour ne pas porter le casque est qu'on « ne se préoccupe pas de cette question » (18 pour cent), tandis que les habitants des régions urbaines donnent plutôt l'excuse de « l'apparence » (14 pour cent) et de « pas cool » (14 pour cent).

Le sondage révèle que 97 pour cent des Canadiens savent que le casque peut prévenir des blessures graves. Pourtant, beaucoup de gens ne se donnent pas la peine de porter le casque. Seulement 3 pour cent des répondants disent que le coût du casque ou ne pas en avoir sont les raisons pour lesquelles on ne porte pas le casque. (On doit convaincre les Canadiens de traduire cette connaissance en gestes concrets.)

Il semble que plusieurs personnes trouvent que le casque n'est pas attrayant ou confortable. Que peuvent faire ces personnes ?

Les casques homologués par la CSA viennent en différentes couleurs, modèles et grandeurs. Pour un casque sécuritaire et efficace, recherchez toujours ceux qui portent le sceau de la CSA disponibles dans des styles et systèmes d'ajustement différents. Il faut magasiner un casque protecteur comme on magasine des chaussures.

Le casque protecteur et les lois

La Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse disposent de lois sur le port obligatoire du casque. Le taux de port du casque dans tous les sports sondés est plus élevé dans les provinces ayant adopté des lois en ce sens. En Colombie-Britannique et dans les provinces de l'Atlantique (où le casque est obligatoire pour les cyclistes), trois adultes sur cinq déclarent toujours porter le casque protecteur. Les enfants de ces régions ont également le même taux élevé d'usage, soit 87 pour cent pour la C.-B. et 84 pour cent pour les Maritimes.

Au Québec, trois cyclistes adultes sur dix déclarent porter régulièrement le casque protecteur, et sept parents sur dix affirment que leurs enfants portent le casque lorsqu'ils font de la bicyclette. Interrogés sur cette question, quatre québécois sur cinq déclarent, à tort, qu'il y avait une loi provinciale sur le port obligatoire du casque pour les enfants de moins de 18 ans qui font de la bicyclette. Cette statistique indique que les Québécois sont d'accord avec l'adoption d'une loi ; on pourrait peut-être établir un lien avec les lois sur la ceinture de sécurité. Les trois quarts des répondants estiment qu'une loi serait une façon efficace d'accroître le taux du port du casque.

Les résultats montrent la direction à prendre

Les résultats du sondage suggèrent que les progrès au niveau du port du casque pourraient, stagner à moins qu'un plus grand nombre d'adultes ne porte le casque protecteur. Ce dernier souligne que les modèles de comportement peuvent modifier les perceptions et les comportements. Les annonceurs et les personnalités publiques devraient projeter une image «cool» du casque protecteur.

Les Canadiens sont d'accord qu'il faut mettre différentes stratégies en oeuvre. Lorsqu'on demande aux répondants d'indiquer quelle stratégie serait la plus efficace pour accroître le taux du port du casque protecteur, la grande majorité mentionne les campagnes d'information et de sensibilisation (88 pour cent), suivies de près par les cours et les activités portant sur la sécurité (81 pour cent), et enfin les règlements gouvernement aux (77 pour cent).

Le rapport du sondage intitulé LE CASQUE PROTECTEUR : les attitudes et les habitudes propose un instantané utile du sentiment des Canadiens au sujet du port du casque durant la pratique des sports sur roues et roulettes. Il aide aussi à identifier les secteurs où il faudrait déployer des efforts supplémentaires. On peut télécharger les résultats de ce sondage depuis le site du Conseil canadien de la sécurité.