Le boom des véhicules tout terrain

Cet article provient de l’archive d’avril 2003. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Les véhicules tout-terrain (VTT) - conçus et vendus comme véhicules récréatifs et utilitaires polyvalents - firent leur apparition sur le marché canadien durant les années 70.

Ils sont notamment utilisés pour l'exploitation agricole, la foresterie, l'exploration des ressources naturelles, la mise en application de la loi et pour le maintien de la paix. Au cours des dernières années, les VTT ont beaucoup gagné en popularité chez les adeptes de tourisme d'aventure, de randonnées et de camping.

Entre 1996 et 2001, les ventes de VTT ont triplé au Canada. En 2004, quelque 2,5 millions de Canadiens ont enfourché un VTT et 850 000 en étaient propriétaires d’un. Attribuable en grande partie à l'usage à des fins récréatives, cet essor spectaculaire a donné naissance à des fédérations provinciales de VTT. La population vieillissante y est également pour quelque chose. Les gens qui adorent profiter du grand air, mais qui ne peuvent plus marcher sur de longues distances, peuvent enfourcher leur VTT et s'aventurer dans l'arrière-pays pour admirer la nature.

Hausse des blessures

Cet engouement fut toutefois accompagné d'une hausse du nombre de blessures, dont la plupart peuvent être évitées. On attribue souvent ces blessures à l'excès de vitesse, au manque d'expérience du conducteur, aux vêtements inappropriés, à l'omission de porter un casque protecteur et à l'alcool. Les garçons âgés de 15 à 19 ans courent plus de risques de se blesser par rapport à tous les autres groupes. Il est ressorti d'une étude américaine que seulement quatre pour cent des conducteurs impliqués dans des incidents ayant occasionné des blessures avaient déclaré avoir reçu une formation.

En février 2003, l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) rapporta que le nombre d'hospitalisations associées aux VTT avait augmenté de presque 50 pour cent dans les cinq dernières années (de 1 693 en 1996-1997 à 2 535 en 2001-2002). Les activités associées aux VTT sont maintenant la troisième cause en importance des blessures graves, après le cyclisme et la motoneige dans la catégorie des activités sportives et récréatives.

Selon l'ICIS, les enfants âgés entre 5 et 19 ans représentaient plus du tiers (36 pour cent) des blessures liées aux VTT. Sur les 92 personnes hospitalisées à la suite de blessures graves subies dans des accidents de VTT mettant en cause l'alcool, 26 pour cent avait consommé de l'alcool. Le Nouveau-Brunswick et l'Alberta ont affiché les plus fortes hausses de blessures liées au VTT, avec des hausses respectives de 90 pour cent et 89 pour cent.

En novembre 2000, le gouvernement du Nouveau-Brunswick créa un groupe de travail chargé de se pencher sur les dossiers entourant l'utilisation des VTT, de même que sur la sécurité publique. Un « véhicule tout-terrain » en vertu de la loi néo-brunswickoise comprend les motos tout-terrain, les motoneiges et les véhicules amphibies.

Durant la période allant de 1997-1998 à 2000-2001, le nombre de VTT immatriculés dans cette province a connu une augmentation de plus de 50 pour cent. De 1996 à 2000, le nombre d'accidents signalés a augmenté d'environ 75 pour cent. Plus de la moitié des collisions étaient survenues sur les routes et autoroutes, et près du tiers des collisions impliquaient un VTT qui était entré en collision avec un véhicule routier. Sur les 112 blessures signalées en 1999-2000, les moins de 16 ans représentaient 20 pour cent des personnes ayant subi des blessures. Près du quart (24,1 pour cent) des blessures étaient des traumatismes crâniens. Durant la seule période de 1999-2000, il y a eu six accidents mortels associés aux VTT.

Sur les 20 accidents mortels associés aux VTT survenus entre juillet 1999 et juin 2002 en Alberta, le Centre albertain de contrôle et de recherches relatives aux blessures établit les statistiques suivantes :

  • La plupart (55 pour cent) sont survenus l'été, entre les mois de juillet et septembre.
  • Quatre-vingt-cinq pour cent des personnes décédées étaient au guidon du VTT.
  • Au moins 60 pour cent des personnes avaient succombé à des traumatismes crâniens.
  • Les enfants et les adolescents représentaient 45 pour cent de ceux qui ont perdu la vie, y compris deux passagers et sept conducteurs. Les conducteurs décédés avaient tous entre 10 et 15 ans.
  • L'alcool était en cause dans 45 pour cent des décès.

Est-ce que les VTT sont sécuritaires ?

Les VTT sont sécuritaires, à condition que les conducteurs se promènent dans des véhicules du genre et de la taille appropriés, et qu’ils suivent les instructions énoncées dans le guide du propriétaire.

Au milieu des années 80, les VTT à trois roues furent retirés des marchés américain et canadien pour des raisons de sécurité. Même si on compte encore d'anciens modèles de VTT à trois roues, les plus récents modèles sont surtout dotés de quatre roues. Ces véhicules sont conçus pour répondre, voire dépasser, les normes de sécurité rigoureuses, notamment au niveau de la stabilité du véhicule et de l'efficacité des freins.

Les quads sont offerts en différentes grandeurs. Chaque fabricant se fait un devoir de mettre clairement en garde les propriétaires que les enfants de moins de 16 ans ne devraient pas conduire un VTT muni d'un moteur ayant plus de 90 cc. Les modèles plus petits offerts aux jeunes ont une vitesse nominale réduite et plusieurs sont dotés d'une sangle d'attache qui permet à un parent d'arrêter la machine. Utilisés sous la supervision d'un adulte, ces modèles pour jeunes sont sécuritaires pour les moins de 16 ans.

Bien que bon nombre de VTT soient conçus pour transporter une seule personne de façon sécuritaire, il existe des modèles conçus pour transporter un conducteur et un passager.

Qu'il s'agisse d'une bicyclette, d'une automobile, d'un VTT ou d'un 18 roues, rien ne peut remplacer un conducteur prudent et responsable. Code de sécurité des quadistes

Les jeunes quadistes

Un VTT n'est pas un jouet. Tout enfant impliqué dans un accident peut subir des blessures susceptibles de changer sa vie à tout jamais. Lorsque votre enfant est prêt à enfourcher un VTT, assurez-vous que le quad est de la bonne grandeur et que votre enfant porte les vêtements de sécurité, dont le casque protecteur, et exercez une bonne surveillance. Suivez, si possible, avec votre enfant le cours de formation en VTT pour enfants du Conseil canadien de la sécurité.

À travers le Canada, les règlements relatifs à l'âge minimum pour conduire un véhicule hors-route sur les terres publiques varient d'une province à l'autre. Quoique la majorité des provinces et territoires ait des lois qui stipulent que l'âge minimum est de 14 ans, les enfants supervisés peuvent conduire un quad dans certaines conditions. Le Groupe de travail sur les véhicules tout-terrain du Nouveau-Brunswick a fait la recommandation suivante :

Que les jeunes âgés de 14 à 16 ans soient tenus d'obtenir un permis d'apprentissage pour la conduite des véhicules tout-terrain et la permission de leurs parents pour un tel permis. Le permis d'apprentissage devrait être obtenu uniquement aux conditions suivantes :

  • le candidat doit avoir suivi avec succès un cours de formation approuvé par le Conseil canadien de la sécurité;
  • le candidat doit être surveillé en tout temps par un parent ou un tuteur qui a suivi avec succès un cours de formation approuvé par le Conseil canadien de la sécurité et qui a un permis de conduire valide ; et
  • la grosseur du véhicule tout-terrain conduit ne doit pas dépasser la taille recommandée pour l'âge par le fabricant.

Au Québec, le cours de formation du CCS est obligatoire pour les jeunes de 14 et 15 ans. Il est interdit aux jeunes de moins de 14 de conduire un quad, et ce peu importe le modèle. Le gouvernement impose également une amende variant entre 500 $ et 1 000 $ pour tout propriétaire ou tout gardien d'un VTT qui laisse conduire un jeune sans certificat d'aptitude ; il y aurait aussi une amende pour le jeune contrevenant. Cette loi serait applicable même sur les propriétés privées.

La réglementation contrôlant l'utilisation des VTT sur les terrains privés serait difficile à mettre en oeuvre. Par conséquent, les adultes en charge doivent superviser activement et s'assurer qu'ils prennent toutes les précautions.

Perfectionnez vos compétences

Le Cours de formation en VTT du Conseil canadien de la sécurité est un programme de formation pratique dispensé par des moniteurs certifiés. Ceux qui y assistent peuvent apprendre à conduire un VTT prudemment dans une ambiance agréable mais méthodique. Pour information, communiquez avec Raynald Marchand au CCS, en composant le (613) 739-1535, poste 226, ou avec la Fédération Québécoise des Clubs Quads, en composant le (514) 252-3050.

Références:
Alberta Centre for Injury Control and Research, Injury Control Alberta, août 2002: All terrain vehicle deaths in Alberta.
Institut canadien d'information sur la santé, 5 février 2003 : Plus de blessures liées aux véhicules tout-terrain sont à l'origine d'hospitalisations.
Gouvernement du Nouveau-Brunswick, Rapport du Groupe de travail sur les véhicules tout-terrain du Nouveau-Brunswick, 2001
Commission américaine de la sécurité des produits de consommation, All-Terrain Vehicle Exposure, Injury, Death and Risk Studies, avril 1998.