L'intimidation à l'école

Cet article provient de l’archive de janvier 2002. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Vous avez déjà été battu? Menacé? Ridiculisé à répétition? Vous avez déjà regardé, sans intervenir, quelqu'un se faire humilier? Vous vous êtes déjà attaqué à un plus faible parce que vous vous sentiez mieux après? La plupart d'entre nous ont déjà vu ou vécu des scènes d'intimidation.

Si l'intimidation règne dans une école, on ne s'y sent pas en sécurité. L'intimidation contamine le climat social pour tout le monde, a des conséquences à long terme pour l'intimidateur et la victime et est un des facteurs associés au suicide et aux incidents violents.

La Danse des brutes, petit film d'animation de l'Office national du film du Canada, montre ce qui peut arriver lors d'une situation d'intimidation et comment toute la communauté doit collaborer pour trouver une solution.

La Danse des brutes fait partie de la série Animapaix, série de films sur la résolution des conflits qui a remporté 21 prix nationaux et internationaux.

L'intimidation est néfaste pour tous

L'intimidation est une forme de relations sociales dans laquelle un individu en agresse un autre de façon répétée. Son agression peut être physique, verbale ou psychologique. Les agresseurs se répartissent également entre garçons et filles. Les premiers sont plus susceptibles de recourir à l'agression physique - bousculades et coups de pied par exemple - tandis que les secondes exercent plutôt des persécutions verbales. L'extorsion, l'intimidation et la destruction des biens personnels de la victime relèvent toutes de ce schème de comportement.

L'intimidation affecte l'ensemble de la collectivité, pas seulement l'intimidateur et la victime. Les pairs sont beaucoup plus importants qu'ils ne l'imaginent. Ils peuvent offrir un public à l'intimidateur, appuyer son comportement destructeur ou intervenir de façon constructive, en signalant la situation à des personnes en autorité, par exemple.

Avec le temps, les abus de pouvoir exercés dans les cours de récréation peuvent mener à d'autres formes de harcèlement, de violence ou d'abus et en vieillissant, les petits durs des cours d'école peuvent devenir des intimidateurs dans leur milieu de travail. Dans la vingtaine, les garçons qui se livraient à l'intimidation à l'école primaire sont plus susceptibles de faire l'objet de condamnations pour offense criminelle. Ce n'est pas surprenant, quand on sait que nombre de comportements d'intimidation sont définis comme des infractions dans le Code criminel.

Quant aux victimes, elles montrent généralement des signes d'anxiété et ont tendance à s'isoler. Leurs résultats scolaires peuvent chuter et elles peuvent chercher à fuir l'école. Dans de rares cas, elles se vengent violemment et mettent en danger l'école entière.

Rien vu, rien entendu...

La plupart des enfants sont au courant des scènes d'intimidation qui se produisent, mais ils ne les dénoncent pas.

  • Une étude sur les écoles de Toronto a révélé que des actes d'intimidation se produisent toutes les sept secondes mais que les professeurs ne sont au courant que de quatre pour cent des incidents.
  • Sept professeurs sur dix mais seulement un élève sur quatre déclarent que les professeurs interviennent presque toujours. Près de 40 pour cent des victimes avouent ne pas avoir parlé du problème à leurs parents.
  • Quatre-vingt-dix pour cent des enfants jugent très désagréable d'être témoins de scènes d'intimidation.
  • Les pairs sont présents dans 85 pour cent des cas d'intimidation qui se produisent dans la cour de récréation et en classe.

Premières étapes

Le fait de ne pas intervenir implique que l'intimidation est acceptable et qu'on peut s'y livrer sans crainte d'avoir à en subir les conséquences. L'intimidateur et ses complices doivent comprendre qu'ils font du mal et que leur comportement ne peut être toléré à l'école. Ils peuvent changer.

Les victimes sont souvent trop effrayées pour demander à un adulte d'intervenir. Le premier geste qu'elles peuvent cependant poser est d'appeler Jeunesse, J'écoute ou de participer à un groupe de discussion en ligne mis sur pied par cet organisme. Le numéro sans frais est le 1-800-668-6868 et l'adresse pour se joindre à un groupe de discussion est  www.jeunessejecoute.ca.

L'initiative du Conseil canadien de la sécurité est financée par la Stratégie nationale sur la sécurité communautaire et la prévention du crime, initiative du gouvernement du Canada pour aider les Canadiens et les Canadiennes à s'attaquer aux causes profondes de la criminalité et de la victimisation.

Finie l'intimidation!

Le problème : c'est s'en prendre de façon répétée et malveillante à une victime.

Le comportement : c'est intimider, menacer, taxer, harceler, injurier, bousculer, frapper, humilier ou rejeter une autre personne.