Les joueurs intelligents se protègent les yeux

Cet article provient de l’archive de mai 2006. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Le Dr Tom Pashby collige depuis 1972 des données sur les blessures à l’oeil dues aux sports. Ses données démontrent qu’au cours de 25 dernières années, 34 p. 100 de toutes les lésions oculaires étaient attribuables au hockey sur glace, alors que les sports de raquette occupaient le deuxième rang, avec 28 p.100. Les jeux de guerre, sport relativement nouveau, ont occasionné 75 blessures aux yeux, dont 32 cas de perte de l’usage d’un oeil. Fait important à noter, aucun joueur blessé ne portait une visière.

Il s’agit, dans la majorité des cas, de blessures qu’on aurait pu éviter si le joueur avait porté son équipement de protection.

À la fin des années 70, l’Association canadienne de hockey avait statué que tous les joueurs dans les ligues mineures étaient obligés de porter un casque protecteur et un protecteur facial homologués par l’Association canadienne de normalisation (CSA). En 1981, la Ligue canadienne du hockey (LNH) imposa la même règle à ses joueurs de hockey junior. Signalons que seulement la moitié des joueurs de hockey au Canada font partie de l’ACH ou de la LCH.

Bien que le port du casque et du protecteur facial ne soit pas obligatoire pour la plupart des joueurs récréatifs d‘âge adulte, cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils sont à l’abri des blessures. En outre, les assureurs d‘équipes organisées peuvent refuser de couvrir toute blessure aux yeux subie par un joueur qui ne portait pas le bon équipement de protection.

Des statistiques canadiennes démontrent clairement que le port du protecteur facial permet de prévenir les lésions oculaires. Durant la saison de hockey de 1974-75, avant que les joueurs de hockey mineur ne soient tenus de porter un protecteur facial, on avait dénombré 258 lésions oculaires, dont 43 qui avaient entraîné la perte de l’usage d’un oeil. Quatorze ans était l‘âge moyen d’un joueur blessé. Durant la saison de 1992-93, seulement 31 blessures aux yeux furent signalées, dont quatre qui avaient entraîné la perte de l’usage d’un oeil. Quant à l‘âge moyen des joueurs, il est passé à 33 ans. Durant la saison de 2001-2002, seulement quatre blessures à l’oeil ont été enregistrées, dont deux occasionnant la perte de l’usage d’un oeil.

Entre 1972 et 2002, 311 personnes ont perdu l’usage d’un oeil. Il importe de noter qu’aucun de ces joueurs blessés ne portait un protecteur facial homologué par la CSA. Durant les quatre dernières saisons de hockey toutefois, sept joueurs se sont blessés aux yeux alors qu’ils portaient une visière. Dans tous ces cas, on suppose que la visière n‘était pas bien ajustée. Le casque doit être retenu par une mentonnière bien ajustée, et non par une sangle de nuque desserrée.

Les ligues majeures ne donnent pas le bon exemple en ne rendant pas obligatoire le port de l‘équipement de protection. Certains joueurs professionnels ne veulent même pas porter le bon équipement de protection des yeux et du visage. Ils soutiennent que cet équipement leur nuit et qu’il peut gêner leur performance. Dans la LNH, les joueurs ne portant pas de masque représentent 95 p.100 des toutes les blessures aux yeux et au visage nécessitant des soins médicaux.

Le Conseil canadien de la sécurité recommande aux joueurs de hockey de tout âge (qu’il s’agisse de ligues organisées ou pas) de porter un casque et une visière afin de se protéger la tête et les yeux.