À chacun son métier, notamment en pyrotechnie

Cet article provient de l’archive de juillet 2005. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date.

Un incendie allumé par des pièces pyrotechniques a coûté la vie à 97 personnes le 20 février 2003 dans une boîte de nuit du Rhode Island. Une question se pose. Est-ce qu'une telle tragédie aurait pu se produire au Canada ?

Il y a bien des années de cela, le déploiement de pétards et fusées éclairantes était considéré comme quelque chose de banal au Canada. On en interdit toutefois l'usage au début des années 1970 après qu'un tollé fut soulevé voulant que ces jouets n'étaient que des minigrenades dans les mains des pré-adolescents.

Le Canada se fait plus sévère

Au Canada, les feux d'artifice sont strictement régis par la Loi sur les explosifs, qui est appliquée par la Division de la réglementation des explosifs (DRE) de Ressources naturelles Canada. La DRE offre également des programmes de formation et d'accréditation en sécurité professionnelle et en droit aux superviseurs de spectacles des feux d'artifice et aux pyrotechniciens spécialisés d'effets spéciaux. La DRE ne permet que la fabrication, l'importation et la vente au Canada de pièces pyrotechniques dont l'utilisation est sûre. Elle interdit l'usage de pièces pyrotechniques à effets truqués, tels les « snap caps », et les engins dangereusement puissants. De plus, la Loi sur l'aéronautique, appliquée par Transports Canada, apporte des précisions sur les exigences relatives à l'utilisation des fusées, dont celles faisant partie des spectacles de feux d'artifice.

Les pièces pyrotechniques appartiennent à deux catégories : les pièces pyrotechniques pour spectacles et les pièces pyrotechniques à l'usage des familles ou des consommateurs. Tout organisateur qui désire faire déployer des pièces pyrotechniques pour spectacles doit obtenir un permis. Les pièces pyrotechniques ne peuvent être déployées que par des adultes expérimentés et détenteurs d'un permis et la supervision des foules est obligatoire. Ces règlements étant rigoureusement mis en application, des incidents comme celui du Rhode Island ne peuvent se produire au Canada. Toutefois, les règlements à eux seuls ne peuvent assurer la protection de la population. Ils doivent être conjugués avec la responsabilité personnelle et la sensibilisation.

La réglementation concernant les feux d'artifice chez nos voisins du Sud relève principalement des États. Dans certains États américains, « tout est permis » — y compris les fusées volantes se composant d'une tige de bambou qu'on glisse dans une bouteille quelconque. (Une fusée éclairante peut facilement causer la perte d'un oeil chez un enfant.) En vertu de la loi américaine sur les substances dangereuses, il est interdit de vendre les types de feux d'artifice les plus dangereux aux consommateurs aux États-Unis. À titre d'information, l'industrie de la pyrotechnie génère plus de 200 millions de $ US en revenus aux États-Unis.

Les blessures atteignent des sommets lors des journées spéciales

Chaque année, les feux d'artifice utilisés par les amateurs occasionnent plusieurs blessures graves qui doivent être traitées à l'urgence, dont les brûlures, les plaies contuses, l'amputation et la cécité.

Aux États-Unis, quatre personnes ont perdu la vie et quelque 9 300 ont été traitées dans des salles d'urgence pour des blessures reliées aux feux d'artifice en 2003. Environ la moitié des blessés avaient 14 ans et moins; les taux les plus élevés se retrouvent parmi les enfants de 5 à 9 ans. La plupart des personnes se sont blessées lors de fêtes durant lesquelles des feux d'artifice ont été déployés, et notamment le 4 juillet et la veille du Jour de l'An.

Le Centre américain de prévention et de contrôle des blessures attribue ces blessures à plusieurs facteurs, dont le fait qu'il y ait des feux d'artifice à risque élevé, y compris les feux d'artifice illégaux qui sont souvent vendus aux Américains. Il y a également d'autres facteurs importants, dont la proximité des feux d'artifice lorsqu'ils explosent, et l'usage sans supervision par les enfants.

Une réglementation et une mise en application sévères ont eu pour effet de réduire le nombre d'incidents attribuables aux feux d'artifice au Canada. Les Canadiens soutiennent que le contrôle des feux d'artifice est un important dossier de santé et de sécurité publiques.

Compte tenu du nombre relativement bas d'incidents, le Canada ne collige aucune statistique à l'échelle nationale sur les dommages matériels, décès ou blessures liés directement aux feux d'artifice. Toutefois, en mai 1998, le Système canadien hospitalier d'information et de recherche en prévention des traumatismes (SCHIRPT) fit une recherche sur les blessures liées aux feux d'artifice ou pétards à l'aide de sa base de données et a trouvé 175 blessures reliées aux feux d'artifice. Les données du SCHIRPT proviennent de dix hôpitaux pour enfants et de six hôpitaux généraux au Canada.

Il est ressorti des données du SCHIRPT que les jeunes de 10 à 14 ans comptaient pour 42 pour cent des blessures associées aux feux d'artifice. La plupart des personnes blessées (77 pour cent) étaient de sexe masculin. On nota également que les blessures atteignaient des sommets à certaines journées : l'Halloween comptait pour 20 pour cent des blessures, toutes dans l'Ouest canadien, alors que la Fête de Dollard comptait pour 15 pour cent, dans le Canada central. Neuf pour cent des blessures survenaient aux alentours de la Fête du Canada.

Quoique les cierges merveilleux soient souvent considérés comme inoffensifs, ils peuvent atteindre une température de 650 °C (1 200 °F) lorsqu'ils brûlent et enflammer vos vêtements. Ne remplacez jamais les bougies sur un gâteau de fête par des cierges merveilleux, si la fête a lieu à l'intérieur. Il faut toujours les déployer à l'extérieur sous la supervision d'un adulte, de préférence dans une entrée de cour, sur un trottoir, ou sur une autre surface à l'épreuve du feu. Lorsque les cierges merveilleux ont fini de brûler, ils doivent être déposés immédiatement dans un contenant de métal.

Plus de 16 500 Canadiens détiennent un permis pour exécuter des démonstrations de feux d'artifice. La façon la plus sécuritaire d'admirer les feux d'artifice est à l'extérieur lorsque le déploiement est organisé par des professionnels formés et accrédités. Un spectacle public est plus sécuritaire et plus spectaculaire qu'un petit spectacle dans votre arrière-cour.