Qualité de l'air à l'intérieur

Cet article provient de l’archive d’avril 2004. Bien que tout effort ait été pris pour assurer la précision de l’information présenté, veuillez noter que certaines informations pourraient être hors date. 

La qualité de l'air à l'intérieur est peut-être l'élément le plus important qui pourrait faire de votre bureau un lieu de travail sain où il est agréable de travailler. Un air de bonne qualité est celui que l'on peut respirer continuellement sans risques pour la santé et sans que cela ne cause des malaises. Un air de mauvaise qualité peut irriter les yeux, la peau, le nez et la gorge. Il peut aussi causer la fatigue mentale, des maux de tête, un nez bouché et d'autres symptômes pseudogrippaux.

Ces symptômes sont causés par des contaminants de l'air ayant deux sources : biologique (telles que champignons, moisissure, bactéries et virus) ou chimique (telles que les vapeurs de meubles neufs et de solvants). Ces sources peuvent irriter les tissus et causer des réactions allergiques ou des infections.

Tout bureau a une variété de contaminants qui, si on en permettait l'accumulation à des niveaux élevés, affecteraient la santé :

  • L'oxyde de carbone, émis par les voitures, peut être aspiré par le système de ventilation, pour circuler dans tout l'immeuble.
  • La terre humide des plantes et les plateaux des déshumidificateurs fournissent un terrain de culture idéal pour les bactéries. Celles-ci peuvent causer des maladies ou des réactions allergiques si on leur permet d'atteindre un niveau élevé.
  • Les photocopieurs et autres appareils électriques peuvent produire de l'ozone, un gaz incolore très irritant.
  • Les murs, tapis et mobiliers peuvent émettre des substances chimiques comme le formaldéhyde.
  • Les particules de poudre, comme celles des colorants de photocopieuses ou les cendres de cigarettes, en suspension dans l'air, peuvent être inhalées.

Des facteurs physiques, tels que la température, l'humidité et la circulation de l'air, affectent le confort général et peuvent influencer la qualité de l'air. Par exemple, un excès d'humidité peut stimuler la croissance des microbes.

D'un autre coté, si l'air est trop sec, l'électricité statique s'accumule et met les particules en suspension dans l'air d'où elles peuvent être inhalées ou causer des éruptions cutanées. Les employés peuvent souffrir de la peau sèche, d'irritations du nez et de la gorge, de saignements de nez, de maux de tête ou de vertiges.

La circulation de l'air est très importante. Chaque poste de travail doit recevoir un apport continu et suffisant d'air frais. La circulation de l'air peut être influencée par la disposition des meubles, des cloisons ou des équipements.

Les systèmes mécaniques de ventilation sont conçus pour produire un environnement confortable de travail, et pour des locaux et un taux d'occupation spécifiques.

Symptômes d'un air de mauvaise qualité

Dans la plupart des cas, lorsqu'il y a un problème de qualité de l'air, la cause en est évidente, comme les émanations de la colle des tapis ou de la peinture fraîche. Cependant, il y a de nombreux symptômes, souvent trompeurs, reliés à une mauvaise qualité de l'air.

Le syndrome des bâtiments malsains (SBM) est une condition où les employés de bureau ressentent toutes sortes d'effets légèrement désagréables dûs, en général, à un air de qualité inférieure. Une sensation générale de fatigue en est le symptôme le plus commun, tout comme le nez chargé, la gorge sèche, les maux de tête, les yeux irrités, une toux persistante, l'essoufflement ou la respiration sifflante. Certaines personnes peuvent même avoir des vertiges ou des nausées graves.

Le syndrome du lundi matin arrive lorsque le système de ventilation de l'immeuble a été arrêté durant la fin de semaine. L'air vicié s'accumule et les employés retournant au travail éprouvent des symptômes semblables au SBM.

La chaleur et l'humidité engendrées par le système de ventilation fait de ce dernier un terrain de culture idéal pour les bactéries et la moisissure. La fièvre due aux humidificateurs est une fièvre légère, qui affecte les employés de bureau et qui ressemble à une grippe. Elle est généralement causée par des accumulations de bactéries et de moisissure dans un système de ventilation mal entretenu.

Les symptômes des bâtiments malsains apparaissent surtout en hiver, quand les employés de bureau passent davantage de temps à l'intérieur. Comme les symptômes sont subjectifs et ressemblent à ceux d'autres maladies, comme l'influenza, souvent les gens présument que leur maladie n'est Aqu'imaginaire" ou qu'ils ont attrapé le "microbe" qui circule au bureau.

Ne pas fumer au travail

On appelle fumeur passif la personne exposée au tabac fumé par les autres. On compte deux types de fumée de tabac dans l'environnement : la fumée courante, celle que le fumeur exhale de ses poumons, et la fumée secondaire, celle qui se dégage du bout allumé d'une cigarette. La fumée secondaire est, chimiquement, la plus toxique des deux et c'est d'elle que vient 85% de la fumée dans une chambre.

Plusieurs lieux de travail avaient des fumoirs, où les employés pouvaient fumer sans incommoder les autres. Malheureusement, ceci ne permet pas d'éliminer le problème environnemental de la fumée de tabac, parce que ces locaux n'ont souvent pas un système de ventilation séparé. La fumée est tout simplement propagée à d'autres parties de l'immeuble.

Il est actuellement interdit dans plusieurs régions de fumer dans un immeuble de bureaux.

Ce que vous pouvez faire

  • Sachez reconnaître les symptômes du SBM. Les gens ne semblent remarquer les symptômes reliés au SBM, tels qu'une toux persistante ou des maux de tête, que quand leur travail en est sérieusement affecté.
  • Informez-vous sur la façon dont votre système de ventilation fonctionne et sur l'emplacement des prises d'air.
  • Si votre personnel de bureau ressent les symptômes que donne l'air de mauvaise qualité, vérifiez d'abord s'il y a des sources de contamination chimiques ou autres dans le système de ventilation de l'immeuble. Des produits chimiques volatils, des gaz d'échappement de voitures ou de la fumée de cigarettes peuvent avoir été aspirés dans les prises d'air et propagés à travers l'immeuble.
  • Si votre bureau est contigu à un atelier, méfiez-vous des contaminants qui pourraient venir de cette source.
  • Assurez-vous que le système de ventilation de l'immeuble est régulièrement nettoyé et qu'il est maintenu en bon état de fonctionnement. Qui est la personne en charge de l'entretien du système? Faites régulièrement nettoyer celui-ci même s'il n'existe aucun problème évident.
  • N'éteignez pas le système de ventilation pour la nuit ou les fins de semaine. On devrait le laisser fonctionner tout le temps. Le coût additionnel est minime en comparaison avec la baisse de productivité et la hausse de l'absentéisme que cause un mauvais air.
  • Tenez compte de la configuration du système de ventilation lorsque vous faîtes de la place pour de nouveaux employés ou que vous réaménagez le bureau. Ajouter des équipements qui sont sources de chaleur, comme les photocopieurs, pourrait affecter aussi la qualité de l'air. Le système de ventilation pourrait devoir être modifié pour tenir compte des changements.
  • Ne bloquez pas les prises d'air ou les diffuseurs d'air avec des meubles ou d'autres équipements qui empêcheraient la circulation de l'air. Pour éviter les courants d'air, les postes de travail ne devraient pas se trouver à moins d'un mètre d'une bouche d'aération.
  • La température au bureau devrait être entre 20 et 25 degrés C. L'humidité relative ne devrait pas dépasser les 60-70%.
  • Eliminez les contaminants de l'air à la source.
  • Bouchez bien les récipients de solvants. Mieux encore, utilisez des produits sans solvants.
  • Les employés qui fument devraient fumer dehors.
  • Les photocopieuses devraient être dans des chambres à part, avec une ventilation préférablement extérieure.
  • Désinfectez les tiroirs des déshumidificateurs.
  • Les plantes égayent le bureau. Choisissez celles qui, comme les cactus, aiment une terre sèche.
  • Pensez à faire vérifier l'air du bureau par un ingénieur en ventilation ou un hygiéniste industriel. Le ministère du travail de votre province ou une agence provinciale ayant une autorité juridique similaire pourrait vous aider à trouver quelqu'un qui réponde à vos besoins.
  • Si vous prévoyez déménager à un autre étage ou immeuble, parlez aux personnes qui y ont travaillé pour savoir s'ils y ont eu des problèmes de qualité d'air. Après tout, le but est d'éviter ces problèmes.