Les VTT à la ferme : prudence!

La Semaine nationale de la sécurité agricole
du 14 au 20 mars 2015
Unholzer family portraitCrédit photo : Don de la famille.
Un accident de VTT survenu en 2013 a coûté la vie à Tony Unholzer, figurant ici en haut au centre de ce portrait de famille. Sa veuve, Julie Unholzer, raconte l’histoire de sa famille dans l’espoir qu'elle aidera d’autres agriculteurs à prévenir des tragédies semblables.  

Le 9 septembre 2013, Anthony (Tony) Unholzer, producteur laitier de 67 ans, effectuait une tâche routinière : il épandait des pesticides dans les fossés de sa ferme du sud de l’Ontario. Mais ce jour-là le malheur a frappé et Tony est resté coincé sous son VTT tombé dans un fossé.

Sa femme Julie passait la semaine au chalet familial. Sans nouvelles de lui en soirée, elle pensait qu’il était allé à la foire agricole qui se déroulait cette semaine-là et qu’il était rentré trop tard pour lui téléphoner.

Mais non, Tony n’était pas allé à la foire. On l’a retrouvé le lendemain, écrasé sous le poids de son VTT. C’est sa belle-sœur qui en a fait la macabre découverte en promenant son chien. Il était mort asphyxié. Personne n'a pu dire combien de temps a duré son agonie.

Tony exploitait cette terre depuis 40 ans, il y avait grandi. Il était un leader respecté de sa communauté.

Ancien président de Gencor, société de génomique bovine, il avait aussi participé aux activités du comité du secteur laitier du comté d’Essex et du club Holstein. On lui avait décerné un prix de conservation pour ses pratiques agricoles et trois ans avant son décès, il avait été intronisé au temple de la renommée de l’agriculture de sa région.

En raison de ses nombreux problèmes de santé, Tony circulait sur sa ferme en VTT pour surveiller ses récoltes et faire ses travaux. Il s’était procuré un tout nouveau VTT deux semaines avant son accident. Avec le recul, Julie croit que le nouvel engin était trop puissant et bien plus lourd que le VTT auquel Tony était habitué.

Comme bien des agriculteurs de sa génération, Tony tenait à continuer à exploiter sa ferme. Il ne songeait nullement à prendre sa retraite d’après Julie. Il aimait l’agriculture, il aimait sa ferme. Il était revenu de vacances en Alaska en disant qu’il aimait bien mieux être dans le comté d’Essex, à voir pousser son maïs, se souvient Julie. C’était un fermier dans l’âme.

À son décès, outre sa veuve, il laissait dans le deuil sa fille Lisa, ses fils David et Jamie ainsi que sept petits-enfants. C'est surtout sa fille qui a été éprouvée, dit Julie : « Elle venait de subir l’épreuve d’un cancer du sein. Elle était proche de son père, et sa mort l’a ébranlée ».

Le plus difficile, de dire Julie, c’est de savoir que l’accident de Tony aurait pu être évité. 

Après la mort de Tony, son frère a avoué à Julie qu’il avait bien des fois tiré le VTT de Tony hors du fossé. Tony n’en avait pas parlé, pour ne pas inquiéter sa femme, parce qu’il leur était souvent arrivé de se disputer au sujet de la sécurité à la ferme. « Ça m’a si souvent frustrée », dit Julie, « mais j’ai fini par éviter le sujet pour ne pas nous stresser davantage ».

Son souci pour la sécurité a eu une influence positive sur ses enfants, devenus adultes, et sur ses petits-enfants, mais Julie continue d’éprouver de la frustration quand elle voit que d’autres membres de sa famille négligent les mesures de prudence élémentaires, même après l’accident de Tony. Elle voudrait, par exemple, que tous commencent par porter un casque protecteur quand ils conduisent un VTT. « Ils pensent tous que ça n’arrive qu’aux autres et qu'ils n'ont pas besoin de casque. Ils n’y pensent même pas ». 

Dawn Minne, présidente de l’association Manitoba Farmers with Disabilities, est souvent confrontée à cette résistance au changement. Ils étaient, elle et son mari, éleveurs et producteurs de grain dans le sud-ouest du Manitoba quand il a été gravement blessé dans un accident de moissonneuse-batteuse il y a 24 ans. Ils aident maintenant des agriculteurs handicapés.

D’après Mme Minne, trop souvent, seul un accident grave peut faire comprendre aux agriculteurs les risques du travail agricole.

« Beaucoup pensent que rien ne leur arrivera », déclare Mme Minne, « mais un accident est si vite arrivé. Ils peuvent avoir fait ce même geste mille fois, mais un jour il devient fatal ».

Manitoba Farmers with Disabilities tient un catalogue d’accessoires pour prothèses permettant aux agriculteurs de continuer à travailler à la ferme et à la maison après une amputation. Mais plutôt que d’avoir à aider autant de fermiers, ce groupe préférerait que les agriculteurs privilégient la prévention. « Nous constatons maintenant que les jeunes agriculteurs sont plus ouverts aux concepts de prévention que les fermiers de la vieille école », dit Mme Minne, « quand ils y sont exposés jeunes, ça les suit toute leur vie ».

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