La Semaine nationale de la sécurité scolaire: Aidons les jeunes à décider de leurs comportements en ligne

La Semaine nationale de la sécurité scolaire
17 octobre - 23 octobre, 2012

Les appareils électroniques tels que les téléphones intelligents peuvent améliorer la rapidité et l'efficacité des communications, mais peuvent également servir de courroie de transmission à des comportements agressifs et blessants ou au harcèlement. En février 2011, le Conseil canadien de la sécurité s'est associé au réseau PREVNet (promotion des relations et élimination de la violence) en vue de sonder les élèves canadiens de la 5e à la 11e année pour tenter de mieux comprendre le comportement des jeunes en ligne.

Chercheurs, parents et enseignants ont tendance à présumer que les jeunes sont plus susceptibles de se dégager moralement de leur comportement en ligne. Ils estimeraient, supposons-nous, que certaines paroles et actes sont moins blessants ou importants en ligne, à cause du média utilisé. Toutefois, selon Ashley Murphy, candidate au doctorat en psychologie clinique qui travaille auprès de PREVNet, les résultats de cette étude montrent plutôt que les attitudes des jeunes Canadiens envers le comportement moral en ligne sont plus positives que prévu.

Néanmoins, la cyberintimidation existe toujours et porte préjudice aux jeunes ainsi ciblés. De plus, de nombreux jeunes estiment que « tout le monde est méchant en ligne », ce qui indique que ce que les jeunes pensent du comportement moral et ce que les autres font d'après eux ne concorde pas toujours. En conséquence, en aidant les jeunes, les parents et les enseignants à comprendre la portée réelle de la cyberintimidation, de même que les comportements positifs en ligne, on peut influer sur l'opinion des jeunes sur ce qui constitue un comportement normal en ligne. Cela peut constituer un point de départ à la prévention et à l’intervention en matière de cyberintimidation.

Résultats préoccupants

Intitulée Electronic Behavior: The Good, the Bad, and the Harm, cette étude révèle que cinq pour cent des jeunes répondants au sondage avouent avoir cyberintimidé quelqu’un. Vingt-deux pour cent affirment avoir été cyberintimidés. Plus des trois quarts indiquent qu’ils n’ont pas été victimes de cyberintimidation au cours des quatre dernières semaines, tandis qu’un peu plus de huit pour cent signalent en avoir souffert au moins deux fois par semaine.

Parmi les formes communes d’agression électronique, on compte les commentaires négatifs sur les photos et les sites web, ou les commentaires honnêtes mais blessants laissés dans les « boîtes honnêteté » des sites web ou des médias sociaux. Les jeunes déclarent aussi avoir eu un comportement en ligne socialement agressif par voie de messages texte et de messageries instantanées, et en répandant des rumeurs en ligne.

À l'instar de l’intimidation dans la cour d’école, il existe habituellement des spectateurs de la cyberintimidation. C'est ce que l’étude baptise du nom « d’agression électronique secondaire » car ces jeunes ne participent pas directement à la cyberintimidation, mais ils en sont les spectateurs lorsqu'ils consultent un site web au contenu négatif, font la promotion de tels sites pour encourager les autres à les consulter ou annoncent publiquement qu’ils approuvent un site de cyberintimidation en signant un livre d'or virtuel. Cette étude montre cependant que les jeunes sont plus susceptibles de se prêter à l’agression électronique secondaire si leur activité n’est pas facile à retracer en ligne.

Les jeunes ont des réactions émotives très fortes aux expériences en ligne. On leur a demandé, selon que des événements se produisaient en ligne ou à l’école et à la maison, d’indiquer à quel point ils se sentaient honteux et coupables face à ces situations potentiellement méchantes ou blessantes. Ils ont déclaré se sentir plus honteux et coupables en ligne qu’à la maison ou à l’école. Cela signifie peut-être que les jeunes éprouvent de fortes réactions émotives en ligne, ce qui contribue peut-être au problème de la cyberintimidation lorsqu'on laisse les conflits s’intensifier en ligne.

Points positifs

Cette étude révèle cependant, et c'est une bonne nouvelle, que les comportements électroniques positifs sont très fréquents, beaucoup plus que les comportements négatifs. Beaucoup de jeunes utilisent leurs expériences en ligne à bon escient; ils font preuve de gentillesse et échangent, par exemple, en maintenant le contact avec des amis et des membres de leur famille qui habitent loin (65 p. 100) et en disant des choses gentilles en ligne qu’ils ne diraient pas en personne (40 p. 100). En disposant de moyens de communication en ligne, les jeunes qui sont timides peuvent prendre le temps de trouver les mots justes et de s’exprimer. Cela est apparent dans d'autres comportements positifs, tels que dire à ses amis qu’on tient à eux (33 p. 100) et échanger des vidéos et des images dans le but d’égayer les autres.

Selon cette étude, les jeunes forment un réseau de soutien important pour leurs pairs qui sont victimes de cyberintimidation. Vingt-huit pour cent des jeunes affirment avoir consolé une personne ciblée et vingt-quatre pour cent disent qu’ils envoient des remarques encourageantes aux personnes cyberintimidées. Les jeunes sont cependant moins susceptibles (19 p. 100) d’encourager leurs pairs à parler à un adulte de la cyberintimidation qu'ils subissent. Cela devrait préoccuper les parents et les enseignants car les adultes peuvent aider les jeunes aux prises avec ce problème. Mais les adultes ne pourront vraiment savoir ce qui se passe que si les jeunes se sentent suffisamment à l’aise pour leur faire part de leurs expériences.

Recommandations visant à combattre la cyberintimidation

Les jeunes sont souvent les premiers utilisateurs des technologies émergentes, si bien qu'ils ont pour responsabilité éprouvante d’élaborer un code de conduite sur ce qui constitue un comportement acceptable au sein de ces nouveaux espaces sociaux. Toutefois, l'élaboration de ce code ne se fait pas de façon isolée ni sans contribution de sources externes. Les parents, les enseignants et d’autres adultes servent de modèle de comportement aux enfants et aux jeunes, que ce soit dans le monde virtuel ou réel.

Le comportement en ligne doit être observé, compris et corrigé par des jeunes et des adultes qui font preuve de discernement et qui peuvent offrir des solutions uniques aux problèmes uniques de ce monde en ligne. Ce sont ces personnes qui communiquent le fait que le monde social virtuel est tout aussi important et « réel » que les échanges sociaux en classe. Combattre l’intimidation, y compris la cyberintimidation, exige une approche préventive axée sur la résolution de problèmes réunissant à la fois les jeunes, les parents, les enseignants, le personnel scolaire et les partenaires communautaires.

- Reconnaissez et renforcez le comportement en ligne positif afin d’aider les jeunes à comprendre ce qui constitue une activité en ligne normale et acceptable. Les récompenses comme l'octroi de petites bourses d’études ou de récompenses scolaires valorisant les comportements positifs peuvent renforcer l’importance qu'il y a à faire preuve de civilité en ligne.

- Les commentaires négatifs et les messages en ligne sont souvent l’expression électronique d’émotions négatives intenses. Les jeunes ont besoin de soutien pour apprendre à gérer et à exprimer leurs émotions de manière appropriée ainsi qu'à développer et exprimer leur empathie. Leur enseigner des stratégies de relaxation comme respirer profondément, compter jusqu’à trois avant de taper quoi que ce soit, etc., peut empêcher les jeunes de dire impulsivement quelque chose qu’ils ne pensent pas vraiment.

- Apprenez aux jeunes à naviguer en toute sécurité dans le cyberespace. Vous devrez peut-être vous renseigner sur ce que renferme le monde virtuel et enseigner aux jeunes à se servir de paramètres de confidentialité pour leurs comptes en ligne.

- Posez des questions. Sachez ce que les jeunes font en ligne; vous saurez ainsi comment réagir et leur offrir une aide.

- Si un jeune vous dit être victime de cyberintimidation, écoutez-le attentivement et avec empathie. Faites-lui bien comprendre que vous êtes à l’écoute. Documentez l’incident et soyez ouvert et honnête, tout en l'assurant qu’il a bien fait de vous faire part de cet incident. Si nécessaire, rencontrez les parents de l’enfant et les autres enseignants et aidez-le à confier l’affaire à la police ou aux administrateurs du site. Faites un suivi et continuez de vous informer périodiquement auprès du jeune. Cela l’aidera à vous percevoir comme un allié et une personne-ressource si jamais il éprouve de nouveaux problèmes en ligne.

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Ashley Murphy-Legate

Maîtrise en psychologie clinique, Université Queen's (candidate au doctorat)

PREVNet : (613) 533-2632 ou sans frais au (866) 372-2495

ashleylegatework@gmail.com

 

Catherine Benesch

Coordinatrice des médias et des communications, Conseil canadien de la sécurité

(613) 739-1535, poste 228