La santé mentale et le milieu de travail

Les réclamations touchant la santé mentale forment la catégorie dont les coûts liés à l’incapacité augmentent le plus rapidement au Canada. Les estimations confirment qu’elles comptent pour environ 30 à 40 pour cent des demandes de règlement enregistrées par les principaux assureurs et employeurs au Ca nad a. Les trois quarts des employeurs affirment que les problèmes de santé mentale sont la cause principale des demandes de règlement à court terme et à long terme au sein de leur organisation. 

Le stress

L’utilisation moderne du mot «stress» a pris racine au Canad a il y a de cela juste un peu plus de cinquante ans. Le Dr Hans Selye (1907-1982), premier directeur de l’Institut de médecine et de chirurgie expérimentales de l’Université de Montréal a été le premier à utiliser ce terme. Le Dr Selye, le fondateur du domaine d’études sur le stress, reconnu à l’échelle internationale, a reçu la distinction de Compagnon de l’Ordre du Ca nad a pour sa recherche pionnière. Il a distingué deux genres de stress : le bon stress qui contribue à la maladie et à la mauvaise santé.

Le bon stress stimule et motive les employés. Le mauvais stress entraîne l’absentéisme, l’incapacité, le roulement du personnel et la productivité médiocre. Ce genre de stress destructif est de plus en plus préoccupant pour les employeurs.

La pression est inévitable dans les milieux de travail. Le stress peut être négatif lorsque les exigences et les pressions du travail ne correspondent pas aux habiletés d’un employé et lorsque l’employé a peu de contrôle ou de soutien des autres.

Les employés en situation de stress peuvent manifester un large éventail de symptômes, notamment l’irritabilité, une concentration et une prise de décisions piètres, la cardiopathie, des problèmes digestifs, l’hypertension artérielle ou des problèmes lombaires. Ils peuvent développer des dépendances. Le stress peut rendre une personne plus vulnérable aux infections et aux maladies transmissibles et peut déclencher la dépression.

Les milieux de travail qui accordent une valeur à la satisfaction du travail, qui encouragent la conciliation travail-vie et qui favorisent une culture amicale et d’appui connaissent des problèmes liés au stress moins fréquents.

La dépression

Les prévisions soutiennent que la dépression se classera au deuxième rang après la cardiopathie comme cause principale d’incapacité à l’échelle internationale d’ici l’an 2020.  La dépression est aussi une cause importante de décès et de blessures sérieuses – la plupart des personnes qui tentent de se suicider souffrent de dépression. Seulement une personne sur trois souffrant de dépression cherche à obtenir un traitement adéquat. Pour les personnes traitées, le taux de succès est très élevé. Les médicaments et thérapies d’aujourd’hui peuvent aider entre 80 et 90 pour cent des personnes affectées de dépression clinique.

Les dépressions affectent un dixième de la population, y compris un dixième de tous les employés. Les désordres dépressifs comptent pour 30 à 40 pour cent de tout l’argent des plans médicaux payés pour les maladies mentales. Bien que ses causes profondes ne soient pas nécessairement liées au travail, ses effets le sont définitivement – baisse de productivité, coûts de remplacement et paiements d’incapacité. L’employeur a clairement intérêt à identifier et à s’attaquer à la dépression à son stage le plus précoce possible.

La dépression ne se règle habituellement pas à la maison. Plus souvent, le lieu de travail joue un rôle clé en matière de détection et de référence pour un traitement. La plus grande partie des employés déprimés tentent de cacher leur problème pour des raisons de honte, par peur de stigmatisation et par peur d’être mis à la porte ou d’être réprimandés.

Les symptômes de la dépression varient grandement d’une personne à l’autre. Un employé peut tenter de rester en retrait ou sembler « abattu ». L’irritabilité, le manque d’enthousiasme, la fatigue ou l’abus d’alcool ou d’autres drogues peuvent servir d’indicateur de la dépression. Les effets sur le travail peuvent notamment comporter des problèmes avec la prise de décisions et la concentration, une productivité médiocre, un plus grand nombre d’erreurs et d’accidents et une augmentation de l’absentéisme.

Si vous pensez qu’un collègue de travail souffre peut-être d’une dépression, faites preuve de respect et d’appui. Sur une base confidentielle, encouragez-le à parler à un médecin, à une infirmière de la santé au travail ou à un professionnel de l’aide aux employés qui peuvent le référer au bon genre de traitement.

Agir

Les membres de la chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail de l’Université Laval ont étudié les dimensions organisationnelles qui peuvent aider à prévenir des problèmes de santé mentale liés au travail. Ils ont développé une trousse de prévention appelée La santé psychologique au travail … de la définition du problème aux solutions. Cet excellent outil aide les employeurs et les employés à comprendre les problèmes de santé mentale et offre des conseils sur les politiques et les programmes pour s’occuper des problèmes de santé mentale.